Référenceur (Antoine Leroux)

Non, le référenceur n’est pas un cliqueur fou

taux de clic dans Google

Être chargé de référencement ou consultant SEO n’est pas un métier facile. Non pas sur le fond ni sur la forme, mais pas rapport aux autres métiers du fait de sa jeunesse comparé au métier de « professeur des écoles » par exemple.

Le référenceur en situation

Venons en aux faits: la scène se déroule en début de soirée chez un ami qui a invité ses amis  dont vous (car oui les référenceurs ne sont pas des ermites et savent briller en société) et donc des gens que vous ne connaissez probablement pas ( vous avez beau être populaire sur Twitter la France entière ne vous connais pas encore … Mais ça ne saurait tarder). Début de soirée timide puisque peu de personne se connaissent, des groupes se créent, on se raccroche au peu de gens connu de l’assemblée pour entamer des discussions sur les souvenirs ( sujet facile et toujours source d’inspiration ) ou super chiadées(quasi intello sur le refonte du monde car faut en profiter avant d’être bourré). Sauf que curieux comme vous êtes ( vous n’êtes pas référenceur pour rien 😉 ) vous essayer de parler avec les amis inconnus de votre pote, et c’est indubitablement qu’arrive la légendaire, mais néanmoins basique, question:

« et toi tu fais quoi dans la vie ».

2 choix s’offrent a toi: optimiste tu penses que ce sont des jeunes et que le web ils maîtrisent et tu tentes un fier « je suis référenceur » dont la réponse sera soit une moue d’incompréhension soit un « c’est à dire? » ( oui les gens de cette mise en scène n’ont pas beaucoup de vocabulaire^^ ) et c’est la que tu te rends compte que hormis Facebook le web en fait ils pigent pas grand chose. Le second choix étant la manière réaliste où tu t’es déjà rendu compte que leur expliquer ton job de seo sera chaud donc tu lâches, en souriant car tu as la classe, « je travaille dans le Web » -_-.

Tentative d’explication simpliste du référencement

Dans les deux cas de toutes façons le dialogue est sur le déclin car soit ton interlocuteur est trop fatigué (pour rester politiquement correct) soit il pense que tu es un informaticien, donc un geek, donc un nolife. Mais brave comme tu es tu ne lâche pas l’affaire et tu expliques avec passion  » mon métier est de placer le site de mes clients dans les premières positions sur Google « . Oui je dis « placer » car « positionner » n’a pas de grande signification pour les personnes extérieures aux métiers du web et je ne parle que de Google car de toutes façon à part Facebook ils ne connaissent que Google et Youtube. Devant son regard rempli de doute, tu essaies alors de prendre exemple sur un élément de son quotidien, le référenceur est toujours à l’écoute des autres, et si par exemple il est étudiant à Toulouse, tu expliques que si ton client était CityVox tu mettrais en œuvre une stratégie web pour que ce site apparaisse premier si il (ton interlocuteur) recherche « soirée étudiante Toulouse »…

Le drame du référenceur

Tu auras beau tout faire pour valoriser tout en simplifiant la description de ton métier dans le référencement (au point de faire hurler d’horreur les éventuels seo qui se trouveraient dans la pièce), la personne n’écoute plus car considérant qu’elle passe quelques heures chaque jours sur MSN elle « connaît l’internet » donc tu ne lui apprendras rien. C’est ainsi qu’inévitablement elle te coupera dans ta frénétique tentative d’évangélisation du référencement et te dira:

Ah oui je connais, pour référencer il suffit de cliquer plein de fois sur un site c’est ça?

Dans ta tête résonne alors les premiers vers d’un fameux poème de Corneille:

ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?

Remettez-vous de vos émotions, ce ne sera pas la dernière fois qu’on osera critiquer indirectement votre travail, l’association SEO Camp est justement là pour ça, pour essayer de faire connaitre et reconnaître l’activité de référenceur. En tout cas, bien que les paroles de votre interlocuteur soient quelques peu blessantes (pôvr’chou), rigolez plutôt du fait que l’ignorance de certains ne les empêchent pas d’affirmer ainsi de telles ignominies avec autant d’assurance :D.

Le référenceur en dit quoi?

Sérieusement, en dehors de la mise en situation, cette phrase je l’ai entendu plusieurs fois (mais pas des centaines de fois non plus, mon entourage comprend vite), comment peut-on en arriver là?

Effectivement, tout de suite la phrase initiant votre probable courroux perd toute sa crédibilité sauf si c’est finalement comme cela que vous travaillez mais j’en doute 😉

Le référencement en dit quoi?

Allons bon, revenons sur terre, car cette naïveté enfantine et cette volonté de ne pas paraître déconnecté des métiers liés au web est finalement compréhensible et c’est ce qui nous fait avancer dans notre métier et dans nos prestations web et arguant le besoin de s’adapter à sa cible avant tout via une recherche lexical par exemple.

Bien évidement, les accrocs du seo se sont déjà penchés sur ce point et sa possible application pour le référencement. Il y a quelques temps on parlait justement du Bounce Factor.

Le Bounce Factor

L’effet Bounce Factor (aka Google Bounce Factor car avec Google devant ça rend mieux) est une théorie selon laquelle le géant de Mountain View utiliserait les données comportementales des internautes (pauvres individus manipulés à leur insu et dont chaque clic est pisté en permanence) pour améliorer le positionnement dans les SERP (trad: Pages de résultats des moteurs de recherche). Le Google Bounce Factor se baserait sur 2 éléments principaux à savoir principalement le taux de clics dans les SERP (le nombre de clics par rapport au nombre d’impression de la page de résultats) ainsi qu’à moindre mesure le taux de rebond (nombre de visites d’une seule page par rapport au nombre de visites totales du site … mais là pour suivre cette théorie on admet que Google se sert de son outil Google Analytics pour le référencement… mouais).

Dans tous les cas cet effet Bounce Factor permet de ressortir deux recommandations pour le référencement mais également pour améliorer le taux de clic dans les SERP:  optimiser vos meta Title et Description pour créer l’envie de cliquer ou en tout cas se démarquer de la concurrence.  Mais aussi d’améliorer le linking interne ainsi que l’ergonomie et l’usabilité de votre site web pour faire diminuer le taux de rebond.

Bon, le Bounce Factor reste une théorie émise en 2007 et depuis Google a évolué, par exemple les URLs des SERP même si il s’agit du même mot sont désormais rarement les mêmes. De plus, avec la recherche personnalisée il serait peu pertinent de noter les sites web uniquement sur un taux de clic basique comme présenté ci-dessus. Enfin l’utilisation du taux de rebond pourrait tenir la route si Google se servait de Google Analytics pour aider au positionnement web mais se tirerait également une balle dans le pied en excluant d’office de son algorithme l’ensemble des sites n’utilisant pas GA. Loin de moi l’envie de revenir sur le Bounce Factor mais cette histoire de référenceur = cliqueur m’y a fait repensé et d’ailleurs je vais aller plus loin dans le taux de clics:

Le taux de clics dans les SERPs

Vous avez pu remarquer sur certaines requêtes, les mots clés dans les pages de résultats de google sont toujours en évolution, une position en plus puis le lendemain 2 positions en moins. Google fait évoluer sans cesse le positionnement des sites internet. De là on peut en déduire que le référencement est en temps réel et que la concurrence sur le web grandi à chaque seconde. Mais on peut également retourner à l’idée soulevée par notre interlocuteur néophyte ou même la théorie du Bounce Factor: le taux de clics dans les SERP.

On peut supposer qu’au delà du simple calcul du nombre de clic pour un résultat par rapport au nombre de clic total sur une page de résultat, Google évaluerait en permanence un site via un taux de clic dans les SERP plus élaboré: Chaque position aurait un coefficient lui correspondant puisque la première position a plus de chances d’être cliquée que la dixième, de ce fait l’évolution d’une position Google évaluerait alors l’impact d’un position en plus sur le taux de clic de ce site par rapport au nombre de visites habituelles et au coefficient de la nouvelle position.

Un peu complexe comme ça à expliquer, je crois avoir déjà abordé ce point dans une discussion du forum Seosphère (bonne recherche 😉 mais ce qui est important dans cette seconde théorie est la prise en compte du positionnement pour juger l’impact du nombre de clic et surtout que le calcul du taux de clic se ferait après l’évolution dans les SERPs pour juger du bon choix de ce test et non avant pour évaluer si il faut faire croitre ou descendre ce résultat. En conclusion inutile de cliquer en continu sur un résultat dans les SERP puisqu’il faudrait augmenter de manière exponentielle le nombre de clic pour que Google en juge la bonne qualité et approuve alors la nouvelle position gagnée dans les SERP… dur dur… je conclue et je vais me coucher 😀

Conclusion

L’effet cliqueur fou me fait au final toujours rire, c’est même plaisant d’entendre cette remarque car cela me permet alors d’expliquer un peu plus en détail ma fonction de chef de projet en référencement, de créer de l’intérêt voire – si l’interlocuteur est réellement intéressé – d’aller encore plus dans les explications et arriver à une discussion pouvant être très constructive.

>> Prochainement sur ce blog, une autre mise en situation du référenceur 😉 (ça c’est du teasing que je ne suis même pas sûr de pouvoir honorer !)